Pour une autosuffisance alimentaire sans hypothéquer l’avenir.
Nous avions sollicité toutes les bonnes volontés pour aider Haïti suite au séisme du 12 janvier. Nous avions rappelé le drame que vivait déjà ce pays. Ce séisme soulignait bien sa fragilité et mettait à nu sa pauvreté. Pauvreté due à l’abandon de sa paysannerie, pauvreté due à des décisions inconsidérées de ses responsables.
Nous savons aussi que le séisme du 12 janvier était une aubaine pour les prédateurs qui, sous couvert de l’aide humanitaire, préparent les coups les plus terribles à la paysannerie haïtienne. Mais parce qu’ils savent aussi qu’il y a en Haïti un terreau fertile à leur visée criminelle. La firme étatsunienne Monsanto est l’un d’entre eux. En offrant ces tonnes de semences transgéniques aux agriculteurs haïtiens, elle vise à les rendre encore plus dépendants. Elle vise à aggraver la situation environnementale d’Haïti.
Nous ne souhaitons pas que les aides des vrais humanistes tels que vous se trouvent inefficientes à cause de la perfidie de ces prédateurs mais aussi à cause de la démission de ceux qui sont censés défendre les intérêts de ces personnes fragilisées et appauvries. C’est pourquoi nous attirons votre attention d’éveilleurs de conscience afin de donner du sens à l’aide que vous nous avez apportée pour aider les paysans de Colline-Deslandes et les autres. Notre objectif, c’est qu’ils s’en sortent et se développent sans hypothéquer l’avenir. Notre objectif, c’est que votre aide dessine pour eux un avenir meilleur. Aussi modeste soit-elle, elle mérite d’être employée à des fins utiles et intelligemment.
Justement, les acteurs de développement comme nous doivent être vigilants et exiger de l’Etat haïtien l’application du principe de précaution quand suffisamment de preuves soulignent la dangerosité des semences de Monsanto. À ce sujet, notre association s’est plainte auprès du consulat d’Haïti le 7 juin 2010 et rappelle les intentions de Monsanto en offrant ces tonnes de semences qui auraient des propriétés nocives.
Parmi les arguments développés le rappel de l’article de François Gautier, paru à Rue 89 en avril 2008 et intitulé « Drame du coton transgénique en Inde. On y lit ceci : « Au cours des derniers dix-huit mois, quatre cents fermiers qui cultivaient le coton dans ce qu'on appelle en Inde « The Great Cotton Belt » (la Grande Ceinture du Coton), dans les États de l'Andhra Pradesh et du Karnataka (tous les deux au sud du pays), se sont suicidés.
Ces fermiers s'étaient tous endettés jusqu'au cou auprès de succursales de la compagnie indienne Mahyco, (filiale de Monsanto) qui leur vendaient à crédit semences de coton, engrais, pesticides et herbicides. Deuxième problème, toujours d'après le Professeur Nanjundaswamy non seulement la semence de coton B-Terminator ne serait pas du tout résistante aux parasites, excepté la pyrale, comme les suicidés de la Ceinture de Coton l'ont prouvé, mais elle aurait aussi des conséquences nocives pour l'environnement. Et le professeur Nanjundaswamy de les énumérer : « tout d'abord, ses propriétés toxiques ont tendance à tuer aussi bien les parasites que les insectes «utiles», tels les papillons ou chenilles, qui sont ensuite mangés par les oiseaux, les serpents, les crapauds, les crabes, les chats même.
Ensuite, lorsqu'il pleut, ou lorsque les feuilles tombent sur le sol, les éléments toxiques présents dans la plante transgénique affectent les micro-organismes de l'humus et la fertilité du sol. Et enfin, une culture intensive de plantes transgéniques pourrait nuire à notre banque génétique en infectant le génome d'autres plantes par le biais du transfert de pollen, qui peut voyager jusqu'à deux kilomètres avec le vent, ou bien être transporté par un oiseau d'une plante de maïs transgénique par exemple, à une plante de maïs indigène».
Monsanto qui vient de retirer du marché ses graines B-Terminator, semble avoir donné raison au Professeur Nanjundaswamy.
S’agissant des organismes génétiquement modifiés, le débat est très intense. Une étude russe a constaté qu’une alimentation à base de soja transgénique diminue fortement la vitalité des rats. La mortalité des bébés rats est également beaucoup plus élevée.
Durant l'expérience, le Docteur Ermakova avait ajouté de la farine de soja transgénique à la nourriture des rats deux semaines avant la conception, pendant la conception et l'allaitement. Dans le groupe de contrôle, on n'avait rien ajouté à la nourriture.
L'expérience concernait trois groupes: un premier groupe de contrôle, un deuxième nourri au soja transgénique et un troisième nourri au soja traditionnel. Dans le groupe de contrôle, il y a eu 3 décès en 3 semaines, contre 25 dans le groupe nourri au soja transgénique.
En France, lors du débat sur le film « Le monde selon Monsanto de Marie Monique Robin, le biologiste moléculaire, Christian VELOT, affirme que 99% des plantes qui accumulent un pesticide dans leur cellule parce qu’elles ont été génétiquement modifiées, soit pour produire un insecticide comme les plantes BT, soit pour tolérer un herbicide, pour pouvoir l’absorber, donc l’accumuler sans mourir, la moindre des choses serait que ces plantes soient évaluées comme des pesticides. Or, la directive européenne 91-414 qui légifère sur les pesticides dit pour qu’un pesticide ait l’autorisation d’être mis sur le marché, il doit avoir subi au minimum des tests toxicologiques au moins pendant 3 mois sur trois espèces animales différentes et pendant deux ans sur les rats, deux ans étant la durée de vie de cet animal, ce qui permet de voir les effets tout au long de la vie, notamment les effets chroniques alors que les études à trois mois permettent de voir les effets aigus.
Quant aux plantes OGM pesticides auxquelles va être confronté l’animal ou les humains qui vont manger des produits directs ou dérivés de ces plantes, les tests n’ont jamais excédé trois mois sur une seule espèce animale d’un point de vue toxicologique. On est dans une totale carence d’évaluation. Pour des raisons de secrets industriels, ces tests sont faits par des laboratoires choisis par les firmes semencières. Cela pose un problème de transparence et l’opacité est totale. Aux regards de quelques tests encore insuffisants, ajoute-t-il, il y a aujourd’hui des conséquences hépatiques et rénales sur les sujets testés.
Sur le blog de Marie Monique Robin, nous lisons ceci :
En Géorgie aux Etats-Unis, il y a carrément 5 000 hectares de cultures qui ont été abandonnés. Les paysans veulent revenir à des semences conventionnelles et arrêter les OGM sauf qu’il n’y a pas de semences disponibles, Monsanto ayant racheté la plupart des compagnies semencières.
En Afrique du Sud, c’est une catastrophe: aucune récolte avec le maïs transgénique de Monsanto. Ce que ne nie d’ailleurs pas la compagnie.
En Argentine, j’y étais récemment, dit Marie Monique Robin, c’est un vrai désastre sanitaire. Le gouvernement vient d’en prendre conscience et il y a des actions judiciaires en cours. Tout ce qui se passe actuellement avec les OGM est un désastre. Je précise bien, les OGM qui existent réellement dans les champs, pas ceux dont on nous parle et qui un jour serviront à quelque chose.
M Barack Obama a effectivement annoncé qu’il allait demander la révision de la manière dont les OGM sont mis sur le marché. Cette manière complètement arbitraire de mettre les OGM sur le marché sans étude préalable est un des gros points de mon enquête, poursuit la réalisatrice. Les États-Unis sont en train de le reconnaître. »
La pudeur ne sied pas aux gens qui sont dans la misère. Mais la misère ne doit pas désamorcer notre réflexe de survie ou notre instinct de conservation. La misère ne doit pas nous enlever toute force morale. L’Etat est donc invité à vérifier ce qu’il reçoit comme cadeau. Accepter les semences Monsanto, cela pourrait être comme le dernier clou qui scelle le cercueil du paysan, la dernière pelletée qui cristalliserait son inhumation et également la fin non voilée de l’indépendance du pays.
Nous avions sollicité toutes les bonnes volontés pour aider Haïti à se relever suite au séisme du 12 janvier. Vous avez été nombreux, anonymes, collectivités territoriales, artistes, associations à répondre par l’affirmative, qui, par des chèques, qui, par des aides logistiques en vue d’actions ou de concerts de bienfaisance. Nous devons vous dire comment nous entendons utiliser vos dons, soit 22.000 €. Mais il nous semble vital de vous demander de continuer de nous accompagner pour que vos aides se traduisent par l’amélioration de la situation des paysans.
Nous intervenons à Colline-Deslandes de Léogane, à Trouin, à Sigueneau et Butète de Fonds des Nègres. Nous travaillons avec ces populations fragilisées et qui ont besoin de tout.
Nous avons encore besoin de vous pour dire à l’Etat haïtien de ne pas accepter les semences Monsanto sur le sol d’Haïti. Nous connaissons l’état des débats. Chaque camp défend sa vision. Mais quand rien n’est tranché, quand les scientifiques n’arrêtent pas leur décision, ces hésitations, ces tergiversations doivent tout au moins activer le principe de précaution. Mais s’agissant de Monsanto, il y a des précédents. En conséquence, il n’y a pas lieu d’accepter ces 476 tonnes de semences forcément suspectes. Nous ne voulons pas que les paysans haïtiens vivent le désarroi de l’Inde, de la Géorgie, de l’Argentine et de l’Afrique du sud. Ils sont déjà dans un abattement qui a trop duré. Alors aidez-nous.
En attendant voici l’arbitrage de l’association quant aux dons reçus et aux résultats de concerts et autres action pour aider Colline-Deslandes, Sigueneau, Trouin et Butète de Fonds des Nègres. Nous disposons aujourd’hui de 22.000 Euros. C’est très peu. Mais nous connaissons la très faible absorption économique d’Haïti. Nous allons les utiliser de la façon la plus pragmatique possible. Et, nous l’affectons d’abord au développement économique des zones cibles, ensuite à la reconstruction même symbolique étant donné les faibles moyens et enfin à l’environnement. Ce paramètre est d’emblée pris en compte dans la reconstruction même
1°) Développement économique
L’association mettra en place à Colline-Deslandes une boucherie, une basse-cour et organisera des campagnes de reboisement notamment en fruitiers. Cinq mille arbres seront achetés et plantés : 2000 manguiers francisques, 1000 avocatiers, 1000 orangers et mille arbres forestiers). Ce sont là des éléments non réalisés du projet « Bétail pour Duplessis et Fonds des Nègres » faute de financement en 2009. Aussi, elle amplifiera la réalisation de l’année dernière par l’achat supplémentaire de vaches et de chèvres et par l’achat des semences saines pour l’agriculture afin de répondre aux habitants désireux de faire partie du programme et auxquels l’ARCHE n’avait pas pu répondre positivement.
L’année dernière, 44 familles de la Colline-Deslandes avaient bénéficié du projet, soit 238 personnes. L’ARCHE projette d’en toucher un peu plus et de finaliser la coopérative qui fondera le développement économique de la Colline-Deslandes à partir du développement animalier et agricole.
Pour commencer, ils vendront de la viande, des œufs, des légumes et tous les autres produits des jardins. Outre le fait d’assurer un revenu à chaque participant et de l’aider à redevenir propriétaire, une caisse de secours sera créée et gérée par les différents partenaires en cas de maladie ou de décès ou même de solidarité avec les personnes âgées de Colline. Les arbres plantés, outre leur vertu de protéger la nature, assureront également un revenu aux paysans et/ou à leurs descendants…
2°) Développement social et habitat
L’association a un partenariat avec l’ASF pour la reconstruction de Colline-Deslandes. Toutefois et pour respecter ses déclarations, l’association reconstruira trois maisons pour les plus démunis. Ces maisons seront équipées du système solaire (éclairage et cuisson), l’association souhaitant réduire la consommation du charbon de bois jusqu’à sa totale disparition dans 5 ans à Colline-Deslandes. Il y a, selon notre partenaire OPKD, 117 maisons à reconstruire. Les 114 autres feront l’objet d’un projet de reconstruction plus globale et intégrera les paramètres développement durable, anticyclonique et antisismique.
N.B : Pour la reconstruction, l’étude est confiée à un ingénieur haïtien. Il sera conseillé et encadré par un architecte de l’ASF.
Les objectifs
- Amplifier l’élevage et l’agriculture
- Mettre en place la boucherie et la basse-cour pour rendre visibles les activités économiques
- Reboiser Colline-Deslandes en arbres fruitiers majoritairement
- Diminuer la consommation du charbon de bois
- Reconstruire selon les normes antisismiques et cycloniques
- Prendre en compte l’intimité des parents
- Résoudre le problème de la promiscuité
- Utiliser l’énergie solaire pour l’éclairage et la cuisson
Le calendrier
27 mai : réunion des paysans de la colline-Deslandes pour réaffirmer la mise œuvre du projet
30 mai : rencontre de l’ingénieur avec les paysans pour lesquels il va reconstruire
17 juin : finalisation des plans et rencontre de l’ingénieur avec les paysans
3o juin : début des travaux de reconstruction
14 juillet : achat du bétail et des graines pour Colline
15 juillet : achat des animaux de basse-cour et mise en place de la boucherie
16 juillet : rencontre de l’ARCHE avec les paysans de Colline pour signer des contrats d’engagement.
19 juillet : achat des plantes et campagne de reboisement
20 juillet : campagne de reboisement.
8 août : livraison des maisons, animation à Colline-Deslandes
NB : Comme l’année dernière, un cahier de charges définira les conditions de cette reconstruction. Il insistera surtout sur l’engagement des bénéficiaires comme c’était le cas l’année dernière pour la distribution du bétail. Mais cette année, il y aura la participation des élus: CASEC, ASEC et mairie
Le budget disponible : 22.000, 00€.
| Reconstruction |
10.000,00€ |
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Financement ARCHE |
| Achat du bétail |
2.500, 00 € |
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| Achat des oiseaux de basse-cour |
600, 00 € |
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| Achat de semences |
250, 00 € |
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| Achat de plantes (reboisement) |
600, 00 € |
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| Frais vétérinaire |
500, 00 € |
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| Achat médicaments pour soins |
200, 00 € |
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| Transports |
300, 00 € |
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| Total |
14.950, 00 € |
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Total 14.950, 00 € |
Projection pour Colline-Deslandes
Création d’un dispensaire et d’une maison Colline-Deslandes destinés au développement sanitaire et social du village à l’horizon 2011- 2013
La différence : 7500€
Elle sera consacrée à Butète – Butète de Fonds des Nègres faisant partie du programme l’année dernière. Trouin et Sigueneau sont des localités que l’association avait rencontrées l’année dernière. Elle leur avait fait la promesse d’implanter le programme de développement animalier et agricole sur leurs territoires.
L’année dernière, l’association s’était engagée à mettre en place à Sigueneau une petite ferme de trente chèvres pour répondre à la demande des paysans. Demande formulée pour eux par l’administratrice de l’hôpital, la sœur Mahotière.
Cette ferme sera mise en place dans le même esprit qu’à Colline-Deslandes. Le même vétérinaire s’occupera du cheptel. Aussi l’ARCHE les incitera à développer également l’agriculture et le reboisement des espaces.
Les objectifs :
1°) Permettre aux paysans de Sigueneau de devenir propriétaires
2°) Impulser le développement économique de ces paysans par la vente du lait de chèvre. (Marché existant)
3°) Inciter les paysans à reprendre le chemin du jardin
4°) Réaliser dans un an le projet dans la même proportion qu’à Colline-Deslandes et avec le même souci de protéger intelligemment l’environnement
Calendrier :
17 juillet : Rencontre avec les paysans de Sigueneau
19 juillet : Achat de trente chèvres au marché de Darbonne
19 juillet : Soins, placement des animaux et signature du contrat.
Budget pour Sigueneau : 1800, 00 € Financement ARCHE
TROUIN
3500 € pour Trouin
La demande de Trouin était davantage de porcs. Mais nous avons vu les difficultés des paysans pour les nourrir. Nous aurons une discussion avec eux une fois sur place. Yvonne Casséus s’en chargera.
Nous verrons s’ils maintiennent leurs décisions ou s’ils opteront pour des chèvres et des vaches plus faciles à nourrir
Les objectifs
1°) Permettre aux paysans de Trouin de devenir propriétaires
2°) Encourager le développement animalier de cette localité
3°) Inciter les paysans à reprendre le chemin du jardin
4°) Réaliser dans un an le projet dans la même proportion qu’à Colline-Deslandes et avec le même souci de protéger intelligemment l’environnement.
Calendrier : à voir avec eux mais entre le 14 juillet et le 9 août
Rencontre avec tous les paysans (Colline, Sigueneau, Trouin et Fonds des Nègres)
- Achat du bétail (pour Trouin)
- Soins et placement des animaux
- Signature des contrats d’engagement.
- Projection :
- Développement de l’agriculture et de l’élevage et construction d’un centre culturel
Du principe de précaution quant aux semences Monsanto et autres dérives dépend la survie et l’indépendance du paysan haïtien. De ce principe de précaution dépend l’efficacité de l’aide humanitaire des vrais humanistes.
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